dimanche 22 avril 2018

La neuro et ceux qui veulent l'instrumentaliser.



Pas mal de gens, pour donner du crédit à leur propos, font appel à des données scientifiques, en en modifiant parfois le sens de ces données, lorsqu'ils veulent vraiment avoir raison. C'est de bonne guerre. Après tout c'est le fondement même du débat que s'appuyer sur des faits que l'adversaire aura du mal à contester. En raison de ma formation je suis plus sensible aux usages faits des données issues des recherches en neurosciences. C'est très pratique les neurosciences. C'est à la fois quelque chose qui parle à tous (tout le monde fait l'expérience de la pensée par exemple) et c'est à la fois suffisamment mystérieux et complexe pour être réutilisé à toutes les sauces.

J'ai souvent utilisé quelques données de neurophysiologie de base pour illustrer mes billets de blog. Pour les rendre plus clairs j'ai intentionnellement anthropomorphisé certains éléments (je vous laisse découvrir les billets sur les méduses, sur la sensibilité ou la motricité si vous le souhaitez).

Jusqu'à présent je n'avais pas jugé intéressant de regrouper ces quelques briques de réflexion de base. Mais ça c'était avant. Depuis plusieurs mois, il y une recrudescence sur les réseaux sociaux et dans les médias de propos pseudo scientifiques qui instrumentalisent la neurobiologie ou la neuropsychologie.

Du coup, tout en continuant à anthropomorphiser certains éléments, je vous propose de revoir quelques éléments de base. Et comme il serait un peu aride de les présenter tels quels, on va voir si on peut, ou pas, s'en servir pour décrire nos réactions face à une idée nouvelle.


Mais commençons notre histoire au début des temps. Au début il n'y avait rien. Des milliards d'années plus tard non plus. Puis les choses s'accélèrent et les premiers organismes vivants apparaissent sur terre. Leur objectif ? Manger, pour se reproduire et se perpétuer. Leur problèmes ? Où trouver à manger et comment éviter les dangers. Pour répondre à tous ces objectifs, la solution la plus adaptée (après pas mal d'essais et d'erreurs) a été de développer des outils leur permettant d'avoir des informations sur leur environnement. On va nommer ces outils "récepteurs" et ces informations "perceptions".

Malheureusement, et ce problème va être récurent dans cette histoire, ces outils ont un coût. Ce coût est représenté par l'énergie nécessaire à leur construction (on parle de synthèse) et à leur manutention. L'énergie est chère et est nécessaire à toutes les autres fonctions indispensables à l'existence de ces premiers organismes. Alors s'il faut la détourner pour synthétiser des récepteurs, il y a intérêt que ces récepteurs soit performant. Et qui dit performant dit que le récepteur donne le plus de perceptions pour la moindre consommation d'énergie.

Cet équilibre est très difficile à trouver. Il dépend beaucoup de l'environnement et des interactions entre les différents organismes vivants. Dans un environnement pauvre en nutriments et dépourvu de prédateurs, ces récepteurs n'ont pas à être très efficaces en terme de détection mais doivent être économes en énergie. On ne va pas discuter des quatre combinaisons environnementales possibles mais vous voyez déjà qu'avec deux paramètres on peut déjà imaginer un grande variété de balance efficacité/économie pour ces récepteurs.


Avançons dans notre histoire pour arriver juste après les méduses. A ce moment précis, vous avez des organismes qui ont besoin d'investir leur énergie non seulement dans des récepteurs multiples et variés, mais également dans un système qui fait la synthèse des différentes perceptions pour adopter et adapter des comportements de plus en plus complexes. Ce système c'est ce qui va devenir les (au pluriel) systèmes nerveux. Ces systèmes sont des gouffres énergétiques. Ils sont actifs en permanence et ne contribuent qu'indirectement au bénéfice de l'organisme. Cette notion étant un peu abstraite on va l'illustrer avec un exemple. Imaginons que vous soyez un organisme de type prédateur. Imaginons que votre système de détection des proies soit essentiellement de nature visuelle. En l'absence de toute optimisation, il va falloir que vous alimentiez en énergie ce récepteur et le système nerveux qui vous permet d'analyser ces perception, 24h/24, en attendant qu'une proie passe à portée de détection. C'est énergivore au possible, mais vous si vous économisez votre énergie en n'alimentant ce récepteur que par moments, vous risquez de rater des proies et de vous affaiblir dangereusement. Vous êtes donc devant un dilemme.

Là encore après de multiples essais et erreurs, le compromis que la nature a trouvé, est de ne privilégier que certains types de perceptions et certains types d'activation du système nerveux. En pratique l'immense majorité des récepteurs de l'immense majorité des bestioles évoluées (en gros les animaux) fonctionnent en ne détectant pas tout ce qui se passe dans l'environnement, mais uniquement ce qui change dans un environnement. Une fois encore, cette notion étant un peu abstrait on va l'illustrer. Je pourrais vous donner des exemples d'animaux qui ne voient pas ce qui ne bouge pas, mais on va choisir quelque chose de plus proche de nous, c’est-à-dire nous.
  • Premier exemple : imaginez une grille de dix ronds gris sur dix. Ça vous donne un carré avec cent ronds gris. Si je vous demande ce que vous voyez, et à moins que vous n'ayez une imagination débordante, vous allez me répondre : "des ronds gris". Maintenant si je vous montre la même grille, mais avec un seul rond rouge, et que je vous pose la même question, l'immense majorité d'entre vous va me répondre :"un rond rouge". Comme si les quatre-vingt-dix-neuf autres ronds gris avaient disparu.
  • Autre exemple du quotidien. Vous êtes assis. Longtemps. Mais pas trop. En vous levant vous avez une sensation cutanée désagréable ou parfois agréable sur les cuisse. On ne parle pas ici des paresthésies liées au fait que vous vous soyez assis trop longtemps dans une mauvaise position, avec éventuellement une compression artérielle, mais du simple fait que vous avez cette sensation sur les cuisses. Ceci est lié au fait que pendant que vous étiez assis, et une fois que vos récepteurs cutanés de la cuisse et la zone corticale qui intègre leur perceptions vous ont informé que vous l'étiez réellement (assis), ils se sont tous deux mis en veille et vous n'y avez plus prêté attention. Le fait de vous lever les a fait sortir du mode veille et vous avez pris conscience du nouvel état de vos cuisses (un peu écrasées). Bref vous avez détecté le changement d'état plus que l'état. 
  • Dernier exemple, bien plus complexe, celui de certains potentiels évoqués qui cherchent à aider dans le pronostic des réveils de coma. C'est potentiels cherchent à vérifier l'état du cerveau. Une des techniques consiste à faire entendre à un sujet comateux un son répétitif monotone et de regarder ce qui se passe simultanément dans son cortex. En pratique il ne se passe rien. Puis de façon totalement aléatoire, un insère un son, qui ne respecte ni l'intensité, ni la fréquence, ni le rythme des autres. Bref, on a inséré une nouveauté. Et là, si il y une réaction corticale, c’est-à-dire si il existe encore un neurone capable de s'activer parce qu'il a perçu quelque chose d'inhabituel, on estime que le pronostic d'éveil de coma est bon.
Ces trois exemple m'ont servi à illustrer l'optimisation énergétique des systèmes en charge de la perception. On va dire deux mots sur l'équivalent de cette optimisation pour les systèmes en charge de l'action et donc de la motricité.
  • Là encore on va prendre un exemple de la vie réelle. Imaginons que vous vouliez vous mettre au snowboard (c'est juste pour changer du vélo). Même en comprenant ce qu'il faut faire, vos débuts sont super laborieux et vous vous cassez la gueule tout le temps. Même après quelques cours, et même si vous êtes en bonne forme physique, les premières descentes sont fatigantes physiquement et intellectuellement, essentiellement parce que vous vous tenez n'importe comment, et que vous êtes trop attentif à ne pas manger la neige. Et puis avec le temps ça devient plus facile et vous prenez à la fois du plaisir à glisser tout en pouvant penser à autre chose et tout en écoutant votre flux Spotify. Vous allez me dire que ceci n'a rien d'intéressant parce que ça montre juste que vous avez appris à faire du snow. En fait oui mais non. Ce qui s'est passé, ce n'est pas que vous avez appris à faire du snow. De façon stricte, ça vous l'avez fait quand vous avez appris à tenir dessus sans vous casser la gueule tout en étant très fatigué. Mais ce qui s'est passé ensuite, c’est-à-dire entre le moment où vous avez appris et le moment où vous avez commencé à prendre du plaisir, c'est l'optimisation énergétique de vos processus cognitifs et moteurs. Votre cerveau, après avoir acquis une nouvelle compétence, a réussi à l'automatiser en transmettant à des centres nerveux moins énergivores, la tâche de gérer la pratique du snow (ceux qui veulent en savoir plus sur cette automatisation seront comblés en lisant les articles consacrés au mouvement et aux troubles parkinsoniens).
On a donc vu des exemples d'optimisation pour les perceptions, des exemples pour l'action, reste le gros gros truc au milieu, ou plutôt entre les deux : la cognition.

Alors afin d'éviter tout suspens, si je voulais vous donner ne serait-ce qu'un exemple par tâche cognitive connue, ce texte ferait l'équivalent de plusieurs centaines de pages. Et si je comprenais tous les mécanismes d'optimisation cognitif, j'aurais un prix Nobel.

On va donc rester super modeste. De ce que l'on comprend, des mécanismes d'optimisation sont également présent dans les systèmes cognitifs. Ce n'est pas très étonnant, d'une part parce que ces système sont apparus tard dans l'évolution en évoluant à partir des systèmes déjà existant, et que d'autre part, même si ça n'avait pas été le cas, cela aurait été rendu nécessaire quand on voit la proportion d'énergie (oxygéné et glucose) engloutie par le cerveau en temps normal.

D'ailleurs tient petit aparté à ce sujet. Dans son film LUCY, Luc Besson a imaginé ce qui se passerait si nous utilisions 100% de notre cerveau en partant du fameux mythe qui voudrait qu'on n'en utilise que 10%. Ses détracteurs lui ont répondu qu'on utilise en permanence tout notre cerveau. En pratique les deux ont tort. On utilise à un instant donné ni plus ni moins que ce dont on a besoin. Si vous voulez cuire un patate, il est peu probable que vous mettiez en marche votre poêle à frire, votre grille-pain, votre mixer, votre cocote minute et votre yaourtière (je sais même pas si ça existe encore). En tout cas, si vous le faites, vous êtes idiot ou… (ou on verra plus tard). Idem pour LUCY. Si l'héroïne utilisait tout son cerveau en même temps elle percevrait tout en même temps tout en faisant tout en même temps ce qui aboutirait très exactement à la paralyser sur place (parce qu'il est très difficile d'avancer et reculer simultanément tout en pensant à l'avenir de l'univers ainsi qu'à sa dernière recette d'anchois aux framboises). On utilise donc son cerveau à bon escient sauf…(non toujours pas, on verra ça plus tard). Fin de l'aparté.
Revenons-en donc à la cognition. L'optimisation de celle-ci se manifeste par un traitement de l'information qui suit une certaine logique. Une information est d'abord décomposée en briques élémentaires. Si vous voyez une image de…tomate, vous allez d'abord séparer ces infos en sphère, rouge, légume, puis rechercher dans votre répertoire de choses connues, celles qui semblent le plus correspondre à cette perception. Par ordre de probabilité vous allez arriver à la conclusion qu'il s'agit d'une tomate à 90%, une grosse prune rouge ou un gros poivron rouge à 5% etc… Bien évidemment c'est une image. Simultanément, d'autre régions corticales vont rechercher si cette tomate est associée à des souvenirs ou des expériences particulières. Si vous êtes allergique aux tomates, vous n'allez pas réagir de la même façon que si vous avez passé les meilleurs moments de votre vie à la fête de la Tomate à Bunol en Espagne. Enfin, si dans votre vie vous êtes exposé tous les jours à des tomates, vous n'allez même plus y prêter attention. C'est comme ça que si pendant un été entier vous avez mangé des salades avec des morceaux de tomates, vous n'en gardez aucun souvenir.

Bon bref pour se résumer, face à un événement X pu Y, que ce soit une tomate ou un inconnu qui vous affirme qu'il vient de Pluton, vous allez suivre à peu près les mêmes processus cognitifs : est-ce que vous connaissez, si vous connaissez comment avez-vous réagi la dernière fois et que s'est-il passé, ou, si vous ne connaissez pas, est-ce dangereux, et sinon, ai-je quelque chose à y gagner (au sens biologique c’est-à-dire en terme de plaisir ou de récompense au sens large).

Si vous avez suivi ce que j'ai écrit sur la perception et la motricité, vous avez retenu que nous sommes plus réceptifs à ce qui est nouveau et que nous favorisons l'automatisation de nos réactions. En terme de cognition cela se traduit par un plus grand intérêt (ce qui n'est pas nécessairement synonyme d'attrait) pour la nouveauté, et par une tendance à automatiser nos réactions devant un événement connu.
En marketing ces deux tendances sont exploitées à fond. Prenez un grille-pain électrique. Le concept a très peu évolué depuis son invention en 1919. Alors pour vous appâter, les vendeurs d'électroménager se donnent un mal fou pour trouver un truc "nouveau" à vous vendre. Et ça marche très bien parce qu'en 2018 les grille-pains à 40 euros se vendent mieux que ceux à 15 (source : le vendeur vachement objectif de chez Darty). En marketing les vendeurs se servent aussi de l'automatisation en plaçant par exemple des bonbons juste avant la caisse dans les supermarchés. Ils créent un automatisme et vous vous retrouvez avec des machins goût pomme dans votre sac sans savoir quand vous les avez pris.
La façon dont, avec le temps, vous réagissez face à une information, ou pour être exact, la façon dont avec le temps vous automatisez la façon dont vous traitez une nouvelle information est… un biais. Un biais cognitif. Les puristes vous diront que c'est bien plus compliqué que ça, mais on va les laisser vous l'expliquer eux-mêmes.

Ces biais sont la manière dont vous réagissez automatiquement à une information, et ces biais sont en grande partie influencés par vos expériences passées.
  • Prenons un biais simple et un biais plus complexe pour comprendre. Un biais simple c'est par exemple votre refus de manger des insectes parce que dans votre expérience vous avez (ou plutôt on vous a) appris que les insectes c'est dangereux, sale, vecteur de maladie etc… On aura beau vous expliquer (en tout cas avec moi c'est même pas la peine d'essayer) que ce ne sont que des protéines, vous n'essaierez même pas de réfléchir et vous refuserez tout net. 
  • Un biais complexe c'est par exemple quelqu'un qui vous dit que rouler à moto à 240 km/h avec lui est sans risque parce qu'il l'a fait des dizaines de fois. Il pense de toute bonne fois qu'il pilote bien alors qu'il a un biais du survivant en oubliant qu'en général c'est plutôt une façon efficace de mourir. 
Le nombre de ces biais est presque infini. Certains sont anodins, certains handicapant pour celui qui les a, et, un certain nombre sont dangereux pour les autres. Ils sont dangereux quand ils s'accumulent et qu'ils entraînent des comportements de haine envers autrui. Pas besoin de vous faire un dessin, mais si vous avez un biais contre ce qui n'est pas comme vous, ceux qui n'ont pas vos valeurs, ce dont on vous a appris qu'ils sont un danger pour vous et qu'ils vous sont inférieurs, ça ne s'appelle plus un biais mais par exemple de la xénophobie ou de la misogynie.

On a donc vu l'optimisation des perceptions, de actions et effleuré l'optimisation de la cognition. On a vu comment cela pouvait induire des biais et comment ces biais pouvaient dégénérer. On a donc tous les outils nécessaires pour avoir une grille de lecture quand quelqu'un tente de récupérer des notions de neurosciences pour étayer ses propos.

  • Tout d'abord, quelqu'un qui dit qu'on a en nous une force vitale, une énergie cognitive inutilisée, vous dit n'importe quoi. Le cerveau est conçu pour l'économie pas pour la dépense gratuite. 
  • Ensuite s'il affirme qu'une idée est de bon sens en elle-même et que ce bon sens s'oppose aux faits (par exemple le bon sens veut que les photons soient des ondes ou des particules alors que les faits disent qu'ils se comportent comme les deux), en niant que toute idée est intrinsèquement biaisée, il est inutile d'aller plus loin dans l'écoute (vous vous économisez du temps de cerveau disponible). 
  • S'il vous dit qu'avec je ne sais quel examen complémentaire de type EEG ou IRM on peut voir le fonctionnement des neurones, c'est n'importe quoi. 
  • Si il ajoute qu'avec de la volonté on peut déverrouiller des capacités supplémentaires (qui seraient planquées je ne sais où) ou qu'avec des exercices dits de pleine conscience (hyper à la mode et totalement dévoyée par certains zozopathes), c'est qu'il n'a pas compris que le cerveau est efficace quand il inhibe des informations, pas quand il active tout en même temps. 
Bon bref, n'importe qui qui vous dit que votre cerveau ne sait pas se servir de lui-même, et soit un idiot, soit prend des drogues…..

Et c'est là qu'on arrive au tout dernier point. Celui que j'ai évoqué à deux reprises en vous disant qu'on en reparlerait plus tard : les drogues (et de façon un peu annexe les troubles cognitifs ou psychiatriques).

Tout ce que je viens de raconter concerne les sujets (vous, moi) en bonne santé. Cette bonne santé peut évidemment être altérée par tout un tas d'événements, et il faudrait évoquer presque toute la médecine pour en faire le tour. Du coup, comme je suis moi aussi adepte de l'économie, on va juste illustrer ça avec quelques exemples en vous laissant faire vos déductions tout seuls.

On a vu que la cognition, met en jeu plusieurs processus simultanés pour analyser une situation et agir en conséquence. Ces processus utilisent des neurones, des potentiels d'action nerveux et des neurotransmetteurs pour aller analyser les perceptions, les comparer aux expériences connues et prendre une décision en tenant compte du bénéfice risque prévisible. Si vous altérez un de ces éléments, c'est toute votre cognition que vous altérez. Prenez les drogues. L'alcool, en émoussant les perceptions et la mémoire altère la cognition en favorisant des comportements de prise de risque. La cocaïne, en donnant une sensation de super conscience de soi et de son environnement favorise aussi les comportements de toute puissance. Idem pour les pathologies dégénératives qui détruisent les zones de la mémoire et de perception de l'environnement (exemple du sujet âgé dément qui sort de chez lui nu en plein hiver). Idem également dans la cas de pathologies psychiatriques comme les troubles de humeur ou les troubles qui altèrent le jugement.

Bon bref : au total, un cerveau sain est un outil extrêmement optimisé qui ne renferme aucune capacité secrète, et qui utilise en permanence des biais qui peuvent lui nuire ou engendrer dans certains cas des comportements dangereux pour autrui. Sauf cas pathologique, il n'y pas grand-chose à améliorer à part prendre conscience de ses biais, et les corriger lorsqu'ils sont en contradiction avec les faits.












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