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28.8.20

#UnLapinUnThread | activités sexuelles et céphalées

Touche 1% de la population adulte au cours de la vie
ratio de 4 hommes pour 1 femme 
et pourtant ça se soigne



Évidemment c'est un problème dont on peut dire qu'il n'est pas secondaire à la 5G ou aux vaccins, puisqu'on en retrouve déjà la trace dans les textes d'Hippocrate qui l'associait à l'excès de luxure. Si. (C'était pas un foufou Hippocrate). Et évidemment malgré le ratio de 4 hommes pour 1 une femme, ces céphalées sont devenues un stéréotype de l'évitement des activités sexuelles par les femmes.

Mais bizarrement ça n'est devenu un syndrome qu'en 1963.

Depuis 2018 on distingue les forme primaires des formes secondaires qui elles-mêmes ne sont que la manifestation d'autres problèmes, parfois graves (rupture d'anévrisme) parfois bénins (effets secondaires de drogues améliorant le plaisir).

Les formes primaires se définissent par toute céphalée provoquée par une activité sexuelle, quelque soit le type d'activité (à un, à deux, à dix, pendant la veille, pendant le sommeil, avec ou sans, avant pendant ou après l'orgasme). Et si on s'intéresse à ces céphalées primaires, on a quand même une pathologie qui persiste pendant plus de 5 ans chez 40% des victimes, avec dans pas mal de cas une réduction drastique voir un arrêt total de toute forme d'activité sexuelle. Donc c'est pas si bénin que ça.

Et la nature étant bien faite (au sens de sadique) 51% des patients avec ce type de céphalées ont également des migraines (25%) des céphalées d'effort (29%) ou des céphalées de tension (45%). Sachant qu'il existe des facteurs de risques assez bien documentés comme l'hypertension artérielle, l'obésité, la sédentarité et le fait d'être agenouillé au moment du rapport.

Donc sachant tout ça, on pense que le problème est soit de nature vasculaire avec un vasospasme artériel, soit un problème d'hypertension intracrânienne transitoire en raison de troubles de la résorption du liquide céphalo rachidien. Insider Tip : quand un neurologue donne ça comme causes, c'est qu'il n'en sait rien, mais qu'il n'a pas envie que qui que ce soit vienne le contredire.

Donc en fait, on ne comprend pas bien (euphémisme) le pourquoi de ces céphalées. Par contre, et contre toute logique, on sait comment les soigner. Les beta bloquants et l'indométacine marchent alors que les antalgiques usuels non. En pratique pratique, cela ne dispense pas de demander une IRM (si) avec angio des TSA (aussi) parce que jusqu'à preuve du contraire, ces troubles peuvent être secondaires liés aux étiologies vasculaires citées au début. Notons aussi, qu'en cas de répercussions sévères sur la sexualité ou l'humeur, il faut également proposer de la... kiné. Mais là je laisserais @KineMeuh ou @lephysiomasque vous dire ce qu'ils peuvent proposer (c'est cadeau, inutile de me remercier).

  • PS1. La prise de vasodilatateur à visée thérapeutique ou ludique favorise également ces céphalées et doivent également faire rechercher des anomalies vasculaires.
  • PS2. Idem pour les drogues, en particulier la cocaïne et le cannabis (même si c'est pour des raisons différentes).
  • PS3. La fréquence des activités (c'est important d'expliquer aux patients la différence entre activités et rapports sexuels) est également un facteur de risque avec une courbe en U (trop et pas assez).
  • Du coup PS4 (le premier qui me fait un jeu de mot avec une PlayStation s'en prend une) en cas de céphalées fréquentes, il faut aborder le sujet de la fréquence. Et comme c'est un sujet légèrement intime, confier ça à des médecins spécialisés si vous êtes pas à l'aise.

Notons que même s'il persiste un doute en l'absence d'études suffisamment solides sur ce sujet, on observe une augmentation de la fréquence de ces céphalées chez les jeunes hommes en raison de deux pratiques différentes :

  1. les activités sexuelles chez les célibataires avec une recherche d'un plaisir rapide et immédiat.
  2. les abstinence prolongées chez les sportifs.

Ça peut amuser ou faire sourciller, mais cela entraîne une augmentation de passage aux urgences et une hausse de gestes invasifs.